Canaliser n’est pas contrer

Conduire une réunion ou une assemblée, c’est jouer avec un équilibre d’énergies. Sans bâton de parole, comment gérer un participant qui monopolise l’attention?
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Comment mener une réunion professionnelle

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Conduire une réunion ou une assemblée, c’est jouer avec un équilibre d’énergies. Sans bâton de parole, comment gérer un participant qui monopolise l’attention?

 

Notre premier mouvement va souvent vers la tentative de maîtrise : contrer, contrôler, contredire, en un mot contrarier le parleur. Après tout, quelle autre solution pour garder le cap, que d’éliminer tout ce qui nous en dévie ?

 

Le risque, c’est d’aggraver ce que l’on souhaitait résoudre : l’élément contrarié redouble d’énergie pour s’exprimer, se mue en élément perturbateur ou se braque.
La mythologie chinoise nous propose une voie presque opposée, celle de Yu le Grand.
Pendant neuf ans, le père de Yu avait tout tenté en digues et levées pour contenir le Fleuve jaune dont les débordements créaient d’importants dégâts. Rien n’y faisait, tout barrage finissait par céder sous la force des crues, car selon la légende “les eaux débordées s’élevaient jusqu’au ciel”.

 

Successeur de son père, Yu prit le parti inverse : au lieu de contrer le fleuve, il entreprit de faciliter son écoulement. En étudiant comment son père avait échoué, il avait compris comment dompter le fleuve. Il fit creuser de profonds canaux qui accueillaient les eaux de crue et les conduisaient dans les champs et jusqu’à la mer. Non seulement il résolut le problème d’inondation, mais il tira parti des débordements fluviaux en inventant un système d’irrigation, ainsi que des moulins à eau pour broyer riz et autres céréales.

 

Capturant la force du fleuve, Yu gagna son surnom de Yu le Grand et fut divinisé Gouverneur des eaux par les taoïstes.

Que nous apprend Yu le Grand ? Il nous invite à réfléchir à la bonne stratégie face à une force naturelle : s’y opposer fonctionne-t-il et à quel coût ?

Considérons un intervenant zélé en réunion comme une force naturelle et demandons-nous comment la canaliser et l’accueillir d’une manière qui serve notre but.
Cherchons, même, comment aller plus loin dans l’efficience en employant cette force pour irriguer la production collective.

 

Ainsi l’énergie du parleur peut-elle dynamiser l’assemblée et ses idées fertiliser la pensée du groupe. Voyons ce que nous pouvons gagner en troquant contrôle contre créativité.

par Valérie Bergère

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