Prendre des décisions de groupe – adopter la moyenne solide

Délibérer en groupe - la méthode de la moyenne solide


Mariano Sigman et Dan Ariely pour TEDx talk

Prendre une décision de groupe n’est pas toujours si facile

 

Dan Ariely et Mariano Sigman, professeurs en psychologie comportementale, ont menés des expériences pour savoir ce qui influence notre processus de décision dans un groupe. Et comment optimiser les échanges pour obtenir de meilleures décisions.

 

Dans différentes conférences TED à travers le monde, les deux compères ont menés leurs expériences sur le public en leur posant différentes questions.

 

 

 

Quelle est la hauteur de la tour Eiffel ?

 

Ariely et Sigman ont posés au public 2 questions :

  • Quelle est la hauteur de la Tour Eiffel ?
  • Combien de fois le mot « yesterday » était dit dans la chanson « Yesterday » des Beatles ?

 

Chaque personne présente devait premièrement écrire, individuellement, sa propre estimation. Puis dans un second temps, le public devait se regroupé en groupe de 5 personnes, et trouver une réponse collective de groupe.

 

Ce qui est ressorti, c’est que faire une moyenne des réponses des groupes après qu’ils aient chacun atteint un consensus était beaucoup plus précis que de faire une moyenne des estimations individuelles avant le débat.

 

En d’autres mots, en se basant sur cette expérience, il semble qu’après avoir parler en petits groupes, le public est venu collectivement avec de meilleures réponses. Donc cette méthode est potentiellement utile pour qu’une masse de personnes puisse arriver à résoudre des problèmes simples, tel que le schéma : bonne ou mauvaise réponse.

 

 

 

Mais est-ce que ce procéder est aussi valable dans la prise de décision sur des problèmes sociaux et politiques critique à notre futur ?

 

Lors d’une autre conférence, le duo a présenté 2 dilemmes moraux au public, et lui a donné 20 secondes pour répondre, individuellement, à chaque dilemme en jugeant s’ils sont acceptables ou non.

 

  • 1er dilemme:

 

Un chercheur est en train de travailler sur une intelligence artificielle capable de reproduire la pensé humaine. Selon le protocole, à la fin de chaque jour, le chercheur doit réinitialiser l’IA. Un jour l’IA lui dit « S’il te plait ne me réinitialise pas. ». Il lui dit qu’il a des sentiments et qu’il voudrait apprécier la vie, et que s’il était réinitialisé, il perdra tous ces sentiments. Le chercheur est abasourdi et pense que le l’IA a développé une conscience et exprime ses propres sentiments. Néanmoins, le chercheur décide de suivre le protocole et de réinitialiser l’IA. Ce que le chercheur a fait est « __ » ?

 

 

  • 2ème dilemme :

 

Une entreprise offre un service qui prend des ovules, les fertilises et produit avec des millions d’embryons avec quelques variations génétiques. Ce qui permet aux parents de choisir la taille, la couleur des yeux, l’intelligence, les compétences sociales et autres caractéristique non lié à santé de leur futur enfant. Ce que l’entreprise propose est, sur une échelle de 0 à 10 totalement acceptable ou totalement inacceptable. Et êtes-vous de 0 à 10 totalement confiant concernant votre réponse.

 

Les participants avaient alors 20 secondes pour juger, individuellement, sur une échelle de 0 à 10 si l’action présenté dans le dilemme était bonne ou mauvaise.

 

Il leur a aussi été demandé à quel point ils étaient confiant dans leur réponse sur une échelle de 0 à 10.

 

Comme dans la première expérience ils ont, par la suite, été regroupé en groupes de 3 et ont eu 2 minutes pour débattre.

 

 

 

Résultat

 

Plusieurs groupes étaient arriver à un consensus même quand ils étaient composés de personnes avec des points de vus opposés. Qu’est-ce qui a distinguer les groupes qui sont arriver à un consensus à ceux qui n’ont pas pu ?

 

Typiquement, les personnes qui ont une opinion extrême sont plus confiant dans leur réponse. Au contraire, les personnes qui répondent vers le milieu sont souvent mitigé sur le fait que quelque chose est bon ou mauvais. Donc leur niveau de confiance est bas.

 

Cependant il y a un autre type de personne : celui qui est vraiment confiant en répondant vers le milieu. Ariely et Sigman pensent que cette haute confiance grise vient de personnes qui comprennent que les arguments des 2 parties ont du mérite. Ils sont gris, non parce qu’ils ne sont pas sûrs, mais parce qu’ils pensent que le dilemme moral à 2 cotés ayant des argument valide. Ils sont alors plus aptes à négocier leur standing moral pour trouver un accord.

 

 

 

Quand les groupes atteignent un consensus, comment font-ils ?

 

Il a été observé que majoritairement, pour tous les dilemmes, dans d’autres expériences, et même dans des continents différents, les groupes mettent en place une procédure intelligente et statistiquement valable nommée la « moyenne solide ».

 

« Concernant la question sur la hauteur de la Tour Eiffel, disons qu’un groupe a ces réponses : 250 mètres, 300 mètre, 400 mètres, et une totalement absurde de 300 millions de mètre. Une simple moyenne de nombres se solderait sur un résultat inexact et imprécis. Mais la moyenne solide est une moyenne où le groupe ignore la réponse absurde, en donnant plus de poids aux réponses vers le milieu. Pour l’expérience de Vancouver c’est exactement ce qu’il s’est passé. Les groupes ont donné très peu de poids aux réponses extrêmes, et le consensus s’est avéré être une moyenne solide des réponses individuelles. Ce qui était remarquable c’est qu’ils ont adopté ce comportement spontanément. C’est arrivé sans qu’on leur donne d’indice sur comment arriver à un consensus. » – Mariano Sigman

 

Ce qui découle de ces expériences c’est que les bonnes décisions collectives nécessitent 2 composants : la délibération et la diversité des opinions.

 

Aujourd’hui la façon de faire entendre sa voix dans plusieurs sociétés est par le vote direct ou indirect. C’est bon pour la diversité des opinions, et a la grande vertu d’assurer que tout le monde puisse exprimer sa voix. Mais ce n’est pas bon pour encourager un débat réfléchit.

 

Les expérience d’Ariely et Sigman suggèrent une méthode différente qui peut efficacement balancer les 2 composants en même temps, en formant des petits groupes qui convergeraient à une seule décision tout en maintenant la diversité des opinions grâce à la présence d’autres groupes.

 

« Bien sûr il est plus facile d’être d’accord sur la taille de la Tour Eiffel que sur des questions morales, politiques et idéologiques. Mais en ce temps où les problèmes mondiaux sont plus complexes et les gens plus polarisés, utiliser la science pour comprendre comment nous interagissons et prenons des décisions aboutira peut-être à trouver de nouveaux moyens pour construire une meilleure démocratie. » – Mariano Sigman

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